14.1.10




Dans le chaos et les déchaînements furieux de cette terre
il fallut retrouver la délicatesse avec laquelle
des sépales se détachent les pétales
de la rose qui se fane
et en son coeur inondé, par les antennes des étamines encore en éveil
recevoir l'énergie d'amour qui se donne malgré tout

Du corps singulier happé par la multitude
de l'âme apeurée livrée à la servitude
retrouver à quelle raison profonde lier la cause infondée





27.11.09


Oh la petite musique, oh la petite marquise gelée dans ses jupons de soie et les bas blancs crottés, tout le saint frusquin perdu dans la nuée en volutes accrochée aux branches nues, oh la perruque poudrée et la bouche mangée, un portable sonne, une armée d' hommes en costumes noirs, un défilé de scarabées, une chaîne de dents armées de pointes de fer s'avancent, il faut lâcher l'affaire dans le conduit, traduire sa langue en justice, vider son sac, ah la belle affaire, vous avez perdu la partie devant moi, victime atroce, parce que la parole est accomplie.

Je vous salue ma rue pleine de grâce, ma rue dé-souillée, ma rue pleine de soleil d'hiver.







26.11.09


il se peut que les immeubles se soient dressés
que la rue ait glissé
il se peut que le mouvement soit une avancée
ou bien une chute
comme ces châteaux de carton découpé surgissant
quand on ouvre le livre
alors nous allons dans le temps d'un monde disparu
ou non-avenu
derrière la vitre mouillée de pluie
dans l'ombre accordée au silence
entre les statues de sel grises
devant l'autel abandonné à la seule volonté
d'être dépossédé de soi afin de connaître
l' avènement imminent de ce coeur libre
et Dévolu




21.10.09




quand le vent ramène sous les pas les feuilles mortes
quand le vent ramène sous les pas les feuilles mortes et la rue morte
quand le vent ramène sous les pas feuilles mortes rue morte et la peau d'un imperméable ouvert
entre les cuisses
quand le vent ouvre entre la peau d'un rêve le souvenir

il me souvient de toi

elle que je fus, nous qui sommes ensemble maintenant
et demain ? demain encore couvert de sa membrane utérine nacrée.






15.10.09



se recentrer dans la lumière

au mitan du monde
hélant l'espace qui est une bouche, des yeux, de la chair
chaque visage se donne et se refuse
une joie soudain virevolte emportant la poussière que nous devenons