26.11.09


il se peut que les immeubles se soient dressés
que la rue ait glissé
il se peut que le mouvement soit une avancée
ou bien une chute
comme ces châteaux de carton découpé qui surgissent
quand on ouvre le livre et nous font tomber dans le temps d'un monde disparu
ou non-avenu
derrière la vitre mouillée de pluie
dans l'ombre accordée au silence
entre les statues de sel grises
devant l'autel abandonné à la seule volonté
se perçoit
l' avènement imminent d'un coeur libre
à Vous Dévolu




21.10.09




quand le vent ramène sous les pas les feuilles mortes
quand le vent ramène sous les pas les feuilles mortes et la rue morte
quand le vent ramène sous les pas feuilles mortes rue morte et la peau d'un imperméable ouvert
entre les cuisses
quand le vent ouvre entre la peau d'un rêve le souvenir

il me souvient de toi

elle que je fus, nous qui sommes ensemble maintenant
et demain ? demain encore couvert de sa membrane utérine nacrée.






15.10.09



se recentrer dans la lumière

au mitan du monde
hélant l'espace qui est une bouche, des yeux, de la chair
chaque visage se donne et se refuse
une joie soudain virevolte emportant la poussière que nous devenons



9.9.09



un homme marche au bord de la route

et c'est le miracle d'une conscience éveillée qui cherche l'équilibre
milliers de feuilles du hêtre fastigié toutes frémissantes au soleil
qu'un seul filet de sève innerve
ce monde sensible est une porte que tu franchis si tu es dans l'état premier
de bien le percevoir, de ne pas vivre d'illusions
et comme à l'oratoire du Barroux
sous la robe ciel

de te piquer le doigt à l'épine de la rose

couleur de la Guadalupe








21.8.09



Je cherche les signes de ton départ

dans la maison vidée de ses meubles
une chaise et une table restées près d'une fenêtre
témoignent de ta présence studieuse


dans le jardin on a déterré des statues de femmes couchées
ocre rouge

un ascenseur s'arrête à un étage au hasard
puis il ne s'arrête plus

je trouve des aimants par terre dans un emballage de plastique rigide

je reconnais chaque fois cette maison sans me tromper
je reviens sur mes pas s'il le faut
une silhouette altière et des fenêtres à croisillons

remontant ces éléments des profondeurs troubles du sommeil
vers la surface lisse et coupante
je revois Hypnos à l'aplomb de l'étang
il veille sur la seigneurie normande qui à l'orée du bois où conduit la route bordée d'une triple rangées de hêtres est aussi vraie qu' iréelle




Les aimants sont les bénis !
Victor Hugo